mardi 29 novembre 2011

Le grand retour du KinoClub dimanche 4 décembre


Le KinoClub, institution au Gros Belec, reposant sur la programmation éclairée du collectif RKO, est enfin de retour ! En ce dimanche sans doute pluvieux, vous pourrez venir boire du vin chaud en visionnant cette savoureuse comédie de Mario Monicelli : UN HEROS DE NOTRE TEMPS (1955, 90 min.). 

La participation est libre et les portes ouvrent à 19h.
Attention à la jauge, venez à l'heure, quand c'est plein, on ferme.

« Jetez-vous dans la vie, courage ! Je dirais même, soyez imprudent ! »

Cette séance est un hommage au cinéaste Mario Monicelli (1915-2010) et au genre dans lequel il s’est principalement dédié, la Comédie à l’italienne. Deux sketches tirés des Nouveaux Monstres (film composé de 12 sketchs réalisés en 1977 par Dino Risi, Mario Monicelli et Ettore Scola) encadreront le long-métrage de Monicelli, Un héros de notre temps (1955).

Dans ce dernier, un vieux garçon, vivant avec sa tante et sa gouvernante, est attiré par une mineure, fait languir une veuve, et ne cesse de fuir ses responsabilités civiles qui se confondent étrangement avec tout ce qu’il veut justement fuir, comme l’héritage terroriste de son oncle « anarchiste » par exemple…

« Il est exact, chers messieurs, qu"Un héros de notre temps" est un portrait, mais non d’un seul homme : c’est celui constitué par les vices arrivés à plénitude de toute notre génération. (…).
Vous me direz que la morale n’y gagne pas… Excusez-moi ! On a assez nourri les gens de douceurs, ils en ont eu l’estomac gâté : ils ont besoin de remèdes amers, de vérités décapantes. » (Michel Lermontov, Un héros de notre temps, 1941)

Cette satire est sans doute l’une des plus grandes réussites de la comédie à l’italienne des années 50 : les amitiés associées au milieu professionnel (Mes Chers amis, Un bourgeois tout petit petit), la promesse d’un événement majeur (et salvateur) finit toujours dans le particulier, dans la situation misérable et familiale (Le pigeon et son traitement du hold-up, L’argent de la vieille) et l’anti-héros emblématique du genre dont la vedette Alberto Sordi en a fait sa spécialité (Le veuf, Une vie difficile, Un Américain à Rome…).

Autant les gestes mesquins du protagoniste se compilent, autant Un héros de notre temps est aussi une collecte des pressions sociales, morales de l’après-guerre en Italie. Monicelli, de cette double lecture critique, dépeint aussi bien le microcosme social d’une petite entreprise (« L’entreprise peut tout sur moi ») que l’atmosphère citadine de Rome (le réalisateur et sa vedette y sont nées). Et c’est dans cette capitale à la fois pittoresque et ‘gargantuesque’ que viennent habiter littéralement tous les personnages secondaires irrésistibles du film.

Les autres atouts majeurs de cette perle comique, outre la réalisation de Mario Monicelli (Gendarmes et voleurs, Le Pigeon, La Grande Guerre, L’armée Brancaleone, Un bourgeois tout petit petit…) et le jeu survolté d’Alberto Sordi (I Vitelloni, Un Américain à Rome, I Magliari, La grande pagaille, Une vie difficile…) sont la truculente Tina Pica (second rôle emblématique de la série des Pain, Amour et Fantaisie de Comencini puis Risi), la présence modérée et légère de Franca Valeri (Mariti in Cita, Le Veuf), la musique contrastée de Nino Rota (compositeur attitré de Federico Fellini) et enfin le scénario génial de l’un des plus grands scénaristes de la Comédie à l’italienne, avec le duo Age et Scarpelli : Rodolfo Sonego (Toto et Caroline, Une vie difficile, L’argent de la vieille, Les complexés…).



Commentaire de Derek Woolfenden.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire