samedi 13 octobre 2012

KinoClub #21 spécial Halloween

PROGRAMMATION SPECIALE
Halloween/dépression saisonnière
pour la 21ème édition du KinoClub,

Dimanche 21 octobre à 20h


Au programme, un court métrage d'animation, un extrait et un long métrage.

MON NOM EST ELLEN FOSTER
Muriel Petit_2012_Animation_8 min
Ellen, une petite fille de 11 ans, raconte avec lucidité et humour son enfance
catastrophique. Comment, malgré des adultes irresponsables, le suicide de sa mère et la violence d’un père alcoolique, elle va recoller les morceaux pour échapper à son destin de victime. D’après la chanson de Theo Hakola : Mon nom est Ellen Foster, inspirée par le livre de Kaye Gibbons : Ellen Foster.

WHEN A STRANGER CALLS (TERREUR SUR LA LIGNE)
Fred Walton_1979_Couleur_ Extrait du film (13 min)_Vf
Terreur sur la ligne est un petit classique du cinéma d’épouvante qui reprend l’idée narrative et simple, héritée du film policier (Raccrochez, c’est une erreur), des origines du giallo (Les Trois visages de la peur) et du slasher (Black Christmas), de jouer sur la peur avec le téléphone comme unique « arme » angoissante. L’ouverture du film, dans son traitement scénique, inaugure ce qui va devenir un leitmotiv au genre (de Don’t Answer the Phone à Scream) : une baby-sitter est harcelée au téléphone par un étrange inconnu… Fred Walton a réalisé, entre autres, Week-end de terreur (1986) et Confession criminelle (1987).

ALONE IN THE DARK (DÉMENT)
Jack Sholder_1982_Couleur_92 Min_Vostfr

« IL N’Y A PAS DE FOUS, DOCTEUR. NOUS SOMMES JUSTE TOUS…
EN VACANCES. »


Variation audacieuse d’une des nouvelles écrites par Edgar Allan Poe, Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume, qui narre l’évasion de quatre psychopathes de leur asile psychiatrique grâce à une panne électrique générale. Ces derniers vont s’armer et harceler le foyer de leur nouveau docteur-traitant….
Le film s’ingénie à fondre toutes logiques psychologiques, toutes rationalités, aussi bien celles d’un corps social autoritaire (L’Église avec Martin Landau, l’Armée avec Jack Palance) que du corps individuel (le personnage du Saigneur et celui de « Fatty »). Ces « déments » ne sont autres que des personnifications sociales ou psychologiques déréglées qui renvoient au foyer américain et à sa violence refoulée (Massacre à la tronçonneuse, Tourist Trap, Amityville II).
Jack Sholder (dont c’est ici le premier film !) brouille les pistes, mais aussi les genres. Il emprunte, via ses quatre psychopathes, au film psychologique de guerre (les héros paranoïaques de Rambo, Rolling Thunder, La Neuvième Configuration et de L’Échelle de Jacob), le « giallo » pour sa figure criminelle dont l’identité est masquée, mais aussi il réfléchit sur les troubles de frontière entre science et spiritualité (L’Exorciste),
participe à la figure du slasher, dont c’était l’âge d’or (Black Christmas,
Halloween, Vendredi 13
), dresse un portrait psychologique de psychopathes
(Terreur sur la ligne, Maniac, Henry) – ici composite – et enfin contribue à cette nouvelle vague de film « Vigilante » du point de vue de la survie (Siège, La Colline a des yeux).
Il s’agit d’un film charnière dans le cinéma d’exploitation, et de genre, américain, réalisé par un artisan dévoué à la série B horrifique et quelque peu oublié de l’histoire du cinéma malgré les qualités solides de certains de ses films postérieurs (La Revanche de Freddy, Hidden). Comme tout bon film d’épouvante, Alone in the Dark n’est que l’anamorphose monstrueuse d’une Amérique post-traumatique et paranoïaque devenue le psychodrame psychiatrique pour chacun de ses citoyens, tous des patients névrosés, dépressifs et/ou déments. Il est d’ailleurs amusant de constater que le jeune psychiatre du film (Dwight Schultz) deviendra le joyeux fêlé – Looping – de la série culte L’Agence tous risques


Et c'est comme d'habitude au Shakirail, 72 rue Riquet dans le 18, entrée en prix libre, ouverture des portes vers 19h30.

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